Employé satisfait, employé productif

Votre dentiste vous offre une brosse à dents qui perd ses poils? La caissière à l’épicerie lance vos fruits sur vos boîtes de conserve? Le garagiste lave vos vitres en les salissant? Ou peut-être que votre clinique manque de personnel et ne peut vous recevoir avant l’an prochain? Le lait que vous achetez est toujours périmé deux jours plus tard? Le garagiste vous parle régulièrement de faire venir des pièces en « moins de six semaines »?

Même offerts avec les meilleures intentions, ces petits détails ne me laissent pas indifférent. Dans la majorité des cas, je suis un client, et l’offre est assez diversifiée pour que je puisse changer facilement de fournisseur. Dans un cas comme celui qui me préoccupe depuis plusieurs semaines, je suis employé d’une entreprise. Comme dans le cas d’un client, il s’agit d’une relation où les échanges profitent aux deux parties.

On accepte généralement certains désagréments causés par ces échanges si ce qu’on en retire en vaut la peine. Des fruits légèrement endommagés sont mieux que pas de fruits du tout, si l’épicerie ferme plus tard que les autres. Un salaire inférieur à la moyenne peut être compensé par un travail plus motivant.

On dit qu’acheter, c’est voter. Toutefois, dans des cas comme ceux-là, on choisit la moins pire des situations, mais à mon avis, ça ne doit pas s’arrêter là. Un commerçant qui réagit positivement à mes remarques concernant la qualité de ses produits ou services et un commerçant auquel je vais m’attacher. C’est exactement la même chose avec un employeur.

J’entends souvent dire que les employés sont de moins en moins attachés aux entreprises qui les font travailler. Il est assez difficile d’expliquer de façon générale ce qui se passe, mais c’est dans de petits détails qu’on va en trouver la cause. Je prendrai comme exemple mon employeur actuel, comme tout bloggeur qui se respecte 😉

Sans tenter d’énumérer tout ce qui pourrait expliquer un sentiment général, voici ce que je crois être le « kit de survie »:

  • tasse à café personnelle – ne la mettez pas au lave-vaisselle, car elles partent vite, étant donné la demande.
  • un peu d’argent de poche – il arrive parfois qu’il manque de café; le bistro du rez-de-chaussée vous servira le leur avec constance;
  • fourchette et cuillère personnelle – même si vous les apportez toujours avec votre lunch de la maison, gardez-en toujours dans votre tiroir en cas d’oubli, car celles de la cuisine disparaîssent à un rythme fou.
  • savon à main – si vous êtes du genre à vous laver les mains après le transport en commun ou avant de manger.
  • verre – pour boire de l’eau, la tasse peut faire, mais ça n’est pas aussi agréable que de boire dans un verre transparent; disons qu’il est optionnel.

Noubliez pas que la boîte de recyclage de cannettes située à côté de la machine distributrice n’est jamais vidée, même si la machine est toujours gardée pleine. Aussi, il est mieux de décaler votre heure de dîner avant midi ou après 13h00, sans quoi vous n’entendrez pas parler votre interlocuteur (le béton, ça réfléchit drôlement bien la voix), mais tâchez de manger avant 14h00, heure à laquelle les joueurs de soccer de table anéantiront toute tentative de garder vos oreilles en santé.

Ensuite, préparez-vous mentalement à remplir trois feuilles de temps, à vous demander sans cesse combien de jours de vacances il vous reste avant de perdre votre bonus, à vous demander pourquoi vous avez perdu votre bonus, à attendre des réponses à toutes ces questions, à voir votre ordinateur redémarrer toutes les semaines emportant avec lui les 20 fenêtres que vous avez laissé consciencieusement ouvertes et à passer quinze minutes à les réouvrir le lundi matin, et à aller lire les courriels que votre employeur vous envoie sur un poste partagé avec une centaine de personnes et digne de l’ordinateur de votre grand-mère.

Retenez votre souffle lorsque vous êtes un homme en face de l’urinoir, et faites attention à ne pas glisser sur le travail de tous ceux passés avant vous. Ne touchez pas au comptoir avec votre chemise ou pantalon lorsque vous vous lavez les mains, sans quoi une petite vague mouillée vous rendra inconfortable devant vos collègues (il est apparemment permis de se baigner dans le lavabo, mais la piscine n’est pas dotée d’un trop-plein).

Enfin, comme tous vos collègues travaillent pour le même client, tentez donc de vous souvenir du nom de votre employeur, et de lui signifier comment vous appréciez les petites choses qu’il fait pour vous rendre la vie agréable.



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