Acheter de la musique par internet

Voilà plus de dix années que j’ai commencé à numériser tous mes CD de musique. Je l’écoutais de plus en plus à l’ordinateur, et j’ai été parmi les premiers acheteurs de lecteurs de CD MP3 et de lecteurs MP3. Aujourd’hui, je vais très rarement en magasin pour acheter des CD. Je télécharge par P2P depuis longtemps, et je n’achète que ce que j’aime. Mais pourquoi irais-je en magasin si ce n’est que pour payer pour de la musique que j’ai déjà?

Et que dire des magasins de musique sur internet?

J’ai déjà été membre de E-Music alors qu’on pouvait télécharger un nombre illimité de morceaux avec un abonnement mensuel, à prix fixe. C’était bien jusqu’à ce que j’en ait fait le tour.

Puis il y a eu ces sites web où on pouvait commander des CD. Il falait sortir la carte de crédit une semaine ou deux avant d’entendre plus que l’extrait de 30 secondes. À quoi bon, si je peux télécharger par P2P et écouter immédiatement?

Devant la montée du P2P, et face à un potentiel de marché considérable, des compagnies de disque ont commencé à protéger la musique vendue par internet, pour empêcher que le MP3 acheté légalement se retrouve sur les réseaux P2P. On parle de mesures de protection technique pour la gestion numérique des droits (de l’anglais: Digital Rights Management, ou DRM).

Ces mesures de protection ne sont pas compatibles entre elles, et peuvent difficilement l’être. Ça signifie que de la musique achetée sur le Apple Store ne peut être écoutée qu’avec iTunes ou un iPod. Ça rend très difficile de faire jouer le morceau de musique dans mon lecteur DVD de salon ou dans ma voiture, par exemple.

Alors pourquoi acheter de la musique protégée, si je peux en télécharger gratuitement par P2P, sans protection agaçante?

De plus en plus de maisons de disque réalisent les désavantages du DRM, et acceptent de vendre leur musique sur internet en format MP3, de loin le format de musique le plus répandu sur les réseaux P2P.

Et devinez quoi? J’adore ça! J’ai acheté récemment chez Tacca et Starzik. En connaissez-vous d’autres?

Mais pourquoi sortir la carte de crédit quand on peut télécharger gratuitement par P2P, me demanderez-vous? Parce que je ne risque pas de voir mon téléchargement bloqué à 99% pour le reste de l’éternité, parce que les fichiers sont de qualités (sans glitch), et parce que ça télécharge beaucoup plus rapidement.

On pourrait quand-même aller plus loin, et concevoir, par exemple, un site de téléchargement P2P qui inviterait à faire un don de quelques dollars, versés directement à l’artiste ou sa maison de disque.


Une perle dans un cauchemar

Ça fait plus d’une heure que je tente de télécharger un fichier de 150 Mo, hébergé sur un serveur très rapide au centre-ville. Le problème? À la place d’une vitesse habituelle de 500 ko/s, je télécharge à 30 ko/s! Ce qui aurait pris 5 minutes à télécharger en prend 83, soit pratiquement une heure et demie. Pourtant, au même moment je suis capable de télécharger un fichier sur le web à 500 ko/s.

Que se passe-t-il? C’est Bell Canada qui « throttle » ma connexion. Je ne suis pas client de Bell, mais mon fournisseur d’accès internet revend ses services. J’étais déjà au courant que Bell faisait ça pour BitTorrent, mais là je téléchargeais en SSH. Ce protocole, c’est ce qui me donne mon pain et mon beurre. Si j’étais charpentier, ça serait mon marteau.

En cherchant à comprendre ce qui se passe, je suis tombé sur cet article: New filings reveal extent, damage of Bell Canada throttling. Ça relate la justification de Bell Canada. J’ai été surpris d’y lire ceci:

But Bell insists that there is no way to build enough capacity to address the issue. Just as highway builders have found that increasing the number of lanes does not translate in the long term into less congestion (because the bigger roads encourage more use), Bell argues that « the nature of the growth of Internet traffic is that as network capacity expands, new user applications invariably also grow to utilize that capacity. »

C’est une très belle comparaison, à la différence que la fibre optique n’a jamais tué personne!


Nokia rejette « le JPEG du vidéo »: Ogg Theora

Avez-vous déjà remarqué que tous les sites web offrant du vidéo et qui ont du succès utilisent Flash? C’est facile de s’en rendre compte en cliquant avec le bouton de droit: au lieu du menu habituel, on se retrouve avec un menu spécifique à Flash, car Flash prend le contrôle d’un carré de votre écran. Or Flash est un plug-in; il n’est pas inclu dans le navigateur, et c’est seulement parce que la compagnie Macromedia le souhaite que les navigateurs Firefox ou Opera peuvent l’utiliser.

Les programmeurs de Firefox ont très peu de choses à dire sur ce que fait Flash avec votre ordinateur, ou comment il interagit avec vous. Les sites web faits complètement en Flash ont toujours un « feeling » différent du reste des applications: les barres de défilement ne répondent pas à la roulette de votre souris, il faut laisser le bouton pressé pour que le texte défile, le copier-coller ne fonctionne pas… tout ça parce que c’est un plug-in très indépendant de votre fureteur.

Comparez avec une image, un JPEG (souvent JPG tout court), ou un GIF: vous pouvez copier-coller l’image d’un site web vers Word ou un courriel, vous pouvez cliquer avec le bouton droit pour la sauvegarder sur votre ordinateur, vous pouvez connaître sa taille en kilo-octets, et si vous êtes non-voyant, un texte de remplacement explique le contenu de l’image. Or un JPEG est un fichier, mais contrairement à un fichier Flash, la spécification de sa structure interne est publique, ce qui permet à toute entreprise d’écrire un logiciel qui permet de produire et afficher un JPEG. C’est grâce à cette ouverture que le JPEG est compris par tous les logiciels d’aujourd’hui.

Seriez-vous capables de copier-coller un vidéo d’une page web vers un courriel? Avez-vous déjà reçu un courriel contenant un vidéo sans avoir à cliquer sur un lien? Sûrement pas! Or la nouvelle norme HTML, le langage qui permet de bâtir une page web, pourrait comprendre la possibilité d’inclure un vidéo dans une page web, sans avoir recours au plug-in propriétaire Flash.

Une compagnie vient obscurcir ce tableau. Ce que j’apprends par Fabian, c’est que Nokia refuse de faire en sorte que les formats Ogg Theora (vidéo) et Ogg Vorbis (audio) soient supportés par la plupart des navigateurs web. Ça revient en quelque sorte à rejeter JPEG et GIF, au profit de divers formats incompatibles les uns avec les autres, et surtout, qui permettront aux diffuseurs de contenu de contrôler ce que vous pouvez faire avec celui-ci.

La rumeur veut qu’Apple soit aussi derrière ça, car on sait qu’Apple diffuse déjà sa musique avec des mécanismes anti-copie, et comme la compagnie subit de grandes pressions de l’industrie du disque (et probablement d’Hollywood), elle a tout intérêt à faire du lobbying pour faire échec à tout format dépourvu protection anti-copie comme Ogg Vorbis et Ogg Theora. Apple a vu ce qui est arrivé avec le MP3, qui a supplanté tous les formats protégés (DRM) qu’elle a voulu faire avaler pour contrôler votre ordinateur et votre lecteur MP3. En refusant les formats ouverts comme Ogg, Apple et Nokia espèrent qu’elles pourront contrôler le nombre de copies que vous faites de chaque vidéo sur le web.

iPod+iTunes+DRM = menottes

Un meilleur exemple, plus extrème, est d’imaginer un internet où chaque texte publié sur le web serait techniquement protégé. Vous ne pourriez pas copier-coller un article pour l’envoyer par courriel, ni en sauvegarder une copie sans que le diffuseur l’ait autorisé. Le diffuseur vous imposerait vraisemblablement un abonnement payant, lui permettant par le fait même de savoir tout ce que vous lisez… Avez-vous dit Big Brother?

Bye-bye la liberté de copier-coller dans un courriel un vidéo que vous avez apprécié, si le diffuseur vous l’interdit. Bye-bye la possibilité de sauvegarder un vidéo sur votre iPod vidéo si le diffuseur vous l’interdit. Dites re-bonjour aux éternels problèmes de compatibilité Mac-PC-Linux!

Enfin, pour pouvoir afficher un vidéo dont le format est propriétaire, votre ordinateur devra télécharger un bout de logiciel, un codec, dont la recette sera assurément secrète, pour éviter que quelqu’un ne comprenne comment contourner la protection anti-copie. Or un bout de logiciel, secret ou non, donne un pouvoir énorme sur votre ordinateur à l’entreprise qui le produit. Le codec contactera vraisemblablement le diffuseur par internet pour lui demander si vous avez la permission de visionner le vidéo, mais il pourra aussi bien prendre une photo de vous avec votre webcam, vous écouter avec votre microphone, lire vos courriels, ou ouvrir une porte-arrière (backdoor), comme Sony l’a déjà fait avec plusieurs CD de musique.

Ce que vous pouvez faire pour éviter une période de grande noirceur est d’écrire à Nokia et Apple pour signaler votre opposition à ce refus de supporter un standard ouvert dans les navigateurs web de demain. Chez Nokia, Stephan Wenger est l’auteur de la note envoyée au W3C. Chez Apple, j’ai peur que ça ne serve à rien de les raisonner. Ils ont une vision de grandeur, dans laquelle ils contrôlent toute la diffusion de musique sur internet, et ne demandent rien de mieux que de contrôler la vidéo, attirés par les juteux contrats avec Hollywood.


Nous sommes tous reliés par Geni

Si vous n’êtes pas déjà dans la vague de l’internet « deux point zéro », le web social, alors peut-être que c’est par Geni que vous serez conquis.

Celui qui a déjà tenté d’utiliser un logiciel de généalogie avant 2007 aura peut-être réalisé son isolement, l’ampleur de la tâche, et la difficulté de partager le résultat. Guillaume m’avait parlé de Geni en janvier, et après mûre réflexion, je crois que ça vient presque tout résoudre.

Geni est un peu comme l’encyclopédie collaborative Wikipédia, mais pour la généalogie. Vous commencez par créer votre propre fiche, puis vous ajoutez vos parents, frères, soeurs, cousins et enfants. De là, vous pouvez inviter ceux-ci à se connecter et ajouter les membres de leur famille. Par ce jeu, l’arbre prend rapidement de l’ampleur, et vous pouvez voir l’arbre résultant des ajouts de votre famille.

Mais attention, pas question de voir les arbre de gens qui ne sont pas connectés à vous, du moins pas pour le moment. Éventuellement, la majorité des gens seront reliés de près ou de loin, comme dans le site de relations professionnelles LinkedIn, où on peut voir la chaîne de personnes qu’on doit traverser pour s’adresser à quelqu’un qu’on ne connaît pas (genre: un ami d’un ami d’un ami).

Donc, après plusieurs mois à réfléchir sur l’avenir de mon wiki de généalogie, j’ai renoncé à bâtir un logiciel libre qui ferait l’équivalent de Geni. Malheureusement, Geni n’est pas un logiciel qu’on peut télécharger ou améliorer, et on ne peut pas pour le moment exporter les données, qui sont gardées prisonnières. On peut les voir et les imprimer, mais pas les sauvegarder sur son disque.

Personnellement, je trouve ça très dommage, mais j’ai un tout petit espoir que ça devienne possible. Au fond, après tant d’années à m’efforcer de bâtir un arbre généalogique à temps perdu, je suis content que Geni arrive, avec le potentiel d’inclure une majorité de la population. C’est fabuleux, il faut l’admettre, mais ça appartiendra à une corporation…


Des photos qui parlent plus

Monroe Gaskill Memorial Bridge

Je viens d’ajouter des courtes descriptions à mes photos de voyage en Caroline du nord, fait l’an dernier avec Andréanne. J’ai aussi activé Google Analytics pour savoir comment j’attire mes visiteurs, comme je le fais déjà ici. Il est évident qu’avec des descriptions, les photos seront plus visitées, car mieux référencées. Par exemple, il y a présentement peu de résultats intéressants pour Monroe Gaskill Memorial Bridge, mais ça devrait changer avec ça.

J’ai reçu de bons commentaires de ma série de photos sur notre escapade en canot-camping dans le parc de la Mauricie en juin dernier, justement parce que j’avais ajouté des commentaires. C’est pour ça que je n’ai toujours pas mis en ligne les photos de notre voyage en Espagne.

Bon, il y a aussi que je n’arrive pas à faire fonctionner la rotation des images lorsque j’envoie avec l’applet de Gallery2. Elle ne trouve pas jpegtran, qui sert à tourner les images selon l’information contenue dans celle-ci. Le Nikon D70s contient une sonde qui enregistre l’orientation de la caméra (paysage ou portrait). C’est très pratique, mais plusieurs logiciels ne lisent pas l’information. Le plus flagrant est le Windows Picture and Fax Viewer sur l’ordinateur d’Andréanne, de même que son économiseur d’écran qui fait défiler les photos. Sous Ubuntu, le support est déjà là depuis un bon bout de temps.

Tout ça pour dire qu’associer du texte à des photos, c’est essentiel si on veut qu’elles soient consultées. Je ne publie pas uniquement pour ma famille, mais aussi pour que quelqu’un qui s’intéresse au Monroe Gaskill Memorial Bridge puisse trouver des photos intéressantes.


Projet Techno-Écolo : participants recherchés

Je fais suivre cette annonce de Communautique, reprise dans le Bulletin Envïle Express du 28 juin:

Le projet Techno-Écolo s’adresse à des jeunes de 18 à 30 qui désirent recevoir une formation complète en informatique. Il n’est pas nécessaire d’avoir des connaissances très avancées pour pouvoir s’inscrire.

  • Initiation aux composantes d’un ordinateur
  • Technique d’assemblage et maintient d’un système informatique
  • Installation de logiciel libre et système d’exploitation
  • Utilisation des divers outils Internet
  • Sensibilisation aux enjeux environnementaux
  • Introduction au traitement de texte
  • Stratégie de création d’un CV et d’une lettre de présentation
  • Encadrement personnalisé pour la recherche d’emploi

La formation est gratuite et d’une durée de 15 semaines à raison de 21h par semaine. Le prochain groupe débutera le 9 juillet 2007.

Calendrier des formations:

Du 9 juillet au 19 octobre (15 semaines)
Du 22 octobre au 1er février (15 semaines)

Pour s’inscrire ou avoir des informations supplémentaires : 514.948.4499

Les animateurs du projet:
Mayckoll Coronado:
mayckoll@communautique.qc.ca
Pascal Landry:
pascal@communautique.qc.ca

Ce projet mis en place par Communautique en partenariat avec: Héberjeune Parc-Extension et l’éco-quartier de Parc-Extension

Financé par le Fonds régional d’investissement jeunesse.


J’ai grimpé à Nominingue

Je me suis rapproché du soleil aujourd’hui en grimpant dans trois antennes à Nominingue afin de mettre en place un accès internet à haute-vitesse dans la région, par mon implication dans Un Québec branché sur le monde, par l’intermédiaire de Maillons, dans lequel FACIL est impliqué. Christophe m’avait apporté un harnais industriel cette semaine, et j’étais allé m’acheter des bottes de travail pour résister à la structure des tours en métal coupant.

Grimper à 40 pieds dans les airs ne m’effrayait pas, sûrement parce que j’ai un peu d’expérience récente d’escalade. En fait, j’appréhendais une petite peur, mais à la fin de la journée, je n’ai ressenti pratiquement aucun vertige, sauf les quelques fois où j’ai lâché la tour quand j’avais les pieds sur une plate-forme.

J’étais le seul aujourd’hui à pouvoir me déplacer pour aller faire le sale boulot que Jean-Paul Bleau ne veut pas faire à cause du vertige. Jeudi, un groupe de volontaires d’Île Sans Fil ira à son tour, pour continuer l’installation des antennes.

Le plus difficile est de relier les antennes sectorielles à internet haute vitesse, car il y a très peu de volontaires offrant leur aide pour fournir l’internet à ceux qui ne l’ont pas. Il faut établir des liens haut débit à longue distance (moins de 10 kilomètres), qui permettent ensuite d’offrir internet à quelques dizaines de clients. Une toute petite antenne-relai sur un toit peut faire toute la différence.

J’aime bien ce projet car il est issu de la communauté, où chacun peut aider et apprendre. J’ai aussi un petit penchant pour la connectivité, dans le sens où j’aime établir des nouveaux canaux de communication. J’avais et j’ai encore le projet de connecter mon beau-père et mon beau-frère ensemble par antennes pour accéder à internet. C’est sûr que mon expérience à Nominingue va me servir pour ça!