Quel parti pour les citoyens de Montréal?

En novembre prochain, des élections auront lieu à Montréal, et les accomplissements de Gérald Tremblay et son équipe seront comparés aux promesses de Louise Harel et de Projet Montréal. Je vais donc faire ici ma petite analyse à moi.

Comparons premièrement les chefs.

Gérald Tremblay a étudié en droit, est titulaire d’une maîtrise en administration des affaires (MBA), et fut élu député au provincial avant de se faire élire à la mairie Montréal.

Louise Harel a étudié en droit et est élue députée puis devient ministre, pilote notamment le dossier visant à réduire le nombre de municipalités au Québec, après quoi elle se lance au municipal.

Richard Bergeron est urbaniste, a travaillé à l’Agence métropolitaine des transports (AMT) de Montréal, après quoi il fonde le parti Projet Montréal et se fait élire comme conseiller dans l’arrondissement du Plateau Mont-Royal l’année suivante.

Vous en conviendrez, ce résumé est plutôt objectif. Maintenant, laissez-moi vous dire ce que j’en pense. Comme citoyen de Montréal, et pour améliorer ma qualité de vie, je fais plus confiance à un urbaniste pour qu’à des gens qui ont étudié en droit.

Parlons maintenant de démocratie.

Gérald Tremblay, chef du parti « Union des citoyens et citoyennes de l’île de Montréal » a changé le nom de son parti pour quelque chose de plus simple, et qui réflète bien sa conception de la démocratie: il a rayé les « citoyens et citoyennes » pour l’appeler plus justement « Union Montréal ».

Louise Harel, depuis qu’elle a forcé des villes à fusionner sans consulter les citoyens, ne représente pas très bien ce qu’est la démocratie. De plus, on apprend avec la démission de la vice-présidente de Vision Montréal que Benoit Labonté, sans aucune consultation de son exécutif, cède sa place à Louise Harel. Si le parti n’est pas capable de démocratie à l’intérieur de lui-même, consulterait-il vraiment la population?

Le parti politique fondé par Richard Bergeron est basé sur les principes de démocratie. Le programme électoral a été bâti démocratiquement par des centaines de citoyens. Dans Plateau Mont-Royal, le conseiller a travaillé pour mettre en place un budget participatif permettant aux citoyens du plateau de disposer de millions de dollars pour des projets de leur choix, chose que la mairesse tente depuis d’arrêter en réduisant le montant affecté.

À Vision Montréal, un budget participatif c’est bien, mais « ça coûte trop cher », selon Anie Samson, mairesse de Villeray-Saint-Michel-Parc Extension. Pourtant, la démocratie ne devrait pas s’appliquer seulement quand c’est rentable.

On voit bien ici que c’est Projet Montréal qui fait avancer la démocratie, et les deux autres partis qui suivent péniblement, en réalisant qu’ils perdent la face devant leur électeurs. On pourra compter sur eux pour reprendre les idées de Projet Montréal en les dénudant de tout leur sens, comme de réduire le budget participatif…

J’ai grand espoir que Projet Montréal emporte les élections en novembre 2009, mais avec un taux de participation de 30%, c’est impossible. Si les citoyens ordinaires connaissaient Projet Montréal, ils iraient voter, car c’est la solution au cynisme et l’antidote du désintéressement.

Tremblay et Harel, c’est du pareil au même: décisions faites en secret, consultations et analyses éternelles, corruption, favoritisme, magouilles, et conception arriérée de l’urbanité.

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Avancées de trottoir sur St-Zotique

M. Lavallée,

J’emprunte souvent la piste cyclable sur St-Zotique et j’ai pu voir la construction de deux avancées de trottoir: l’une près de la 5e avenue, l’autre en face du BMR près de la rue Des Écores.

Dans les deux cas, je me demande quelles sont les raisons qui ont poussé la ville à interrompre la piste cyclable de quelques kilomètres de long, forcant ses utilisateurs à se mêler au traffic automobile de façon innattendue et insécuritaire.

Il me semble qu’il aurait été plus judicieux de construire des ilôts afin de laisser la voie libre aux cyclistes, et requérant seulement de la part des piétions de traverser d’abord la piste cyclable pour atteindre l’ilôt, puis de traverser la rue en portant attention aux voitures.

À la place, la ville a créé une situation ridicule, particulìerement devant le BMR où il y a très souvent un véhicule stationné devant l’avancée de trottoir, forcant les cyclistes à se lancer dans la rue, au milieu des voitures, ou à emprunter le trottoir!

Voyez par vous-mêmes l’état de la situation ce matin:

Y a-t-il un nom à ce nouveau type d’aménagement formidable dont je n’ai jamais entendu parler?


Fin du bruit haute fréquence dans le métro

Pouvez-vous entendre ce son? Montez le volume. C’est ce que j’entendais jusqu’à tout récemment dans le métro, sur la ligne orange, et particulièrement à la station Jean-Talon.

Quelqu’un a créé un groupe Facebook pour réclammer de la STM qu’elle cesse l’utilisation du système Mosquito, mais le groupe n’existe plus. Ce groupe avait été trouvé farfelu par beaucoup de gens sur le forum metrodemontreal.com.

Je ne pense pas que la STM a installé un système Mosquito, mais une chose est sûre, il y avait bel et bien un son très aigu dans le métro, parfois très fort, et il émanait des nouveaux haut-parleurs. Ma blonde et mon frère ne l’entendaient pas, mais je ne suis pas le seul à l’avoir entendu, à en juger ce mes recherche sur internet.

Quelqu’un sait-il quand le son a cessé? J’ai pris le métro vendredi dernier et j’ai été surpris de ne plus rien entendre. Pourtant, j’entends encore très bien ce fichier, donc ce n’est pas mon ouïe qui s’est déteriorée!

Mise à jour: sur mes haut-parleurs de bureau, j’entends la sonnerie de cellulaire de 18khz mais pas celle de 19khz. Mon téléphone Nokia N95 n’arrive pas à faire jouer ces sons.


158$ et trois points d’inaptitude

En revenant du travail vendredi soir, j’ai rencontré un automobiliste du type qui pense que les cyclistes n’ont pas leur place dans la rue. Du moins, il a une notion plutôt tordue de la sécurité routière.

Circulant sur Beaubien direction est, juste avant la rue St-Michel, il m’a d’abord dépassé en me frôlant. On me dépasse à distance variable, parfois en prenant complètement la voie à sens inverse, parfois en me laissant un mètre. Mais ce jour-là, c’est environ 50 centimètres que le monsieur me donne, nettement en-dessous de la confortable normale. Mais jusque là, rien de catastrophique.

Ça arrive assez régulièrement. Une fois sur deux, je rattrape l’automobiliste au prochain feu de circulation, et je tente de l’informer que sa conduite est dangeureuse. J’arrive de plus en plus à le faire calmement, pour autant qu’on ne m’insulte pas. À vélo, je peux me faufiler d’un côté ou de l’autre de la voiture, et je dis quelque chose comme: « Bonjour! La prochaine fois que vous dépassez un cycliste, pourriez-vous lui laisser un peu plus de place s’il-vous-plaît? »

Vendredi, j’ai attiré l’attention du chauffeur en faisant aller ma main, mais il n’a pas baissé sa fenêtre. Alors je récite ma phrase en criant, l’automobiliste me répondant par un coup d’accélérateur. Il n’alla pas bien loin puisque la voiture devant lui n’avait pas bougé. Il avait jeté les gants, ce qui me mit en colère et j’allai me placer dans la file, devant lui. Il patientera, ou il me passera sur le corps.

Au feu vert, le cortège de véhicules démarre (moi inclus), et pendant un moment il ne tente pas de me dépasser. Puis, au pire instant je m’apperçois qu’il tente la manoeuvre. La voie à sens inverse est densément peuplée, et s’il s’était déplacé de 5 centimètres plus à gauche, il aurait perdu son rétroviseur. À sa droite, je suis en mode survie. J’observe tout très attentivement, prêt à freiner ou à tourner pour me sortir de ce sandwich de tôle. Quand il a passé, je récite à voix haute sa plaque d’immatriculation.

La semaine dernière, j’ai traversé à un feu rouge. La chaussée était mouillée, ce qui rend bruyant le déplacement des automobiles. C’était le grand silence. La voie était libre, et j’ai traversé après m’être arrêté le pied à terre. Un policier m’a vu, et m’a averti que je pourrais avoir des points d’inaptitude sur mon permis de conduire.

J’étais un peu fâché, mais quand-même content que ça soit mon premier avertissement en 10 ans de cyclisme à Montréal. C’est avec cette amertume que j’ai récité sans cesse jusqu’à chez moi le numéro de la plaque d’immatriculation du chauffard qui avait tenté de me donner une leçon. J’ai appelé la police, qui m’a dit que je devais me présenter à un poste de quartier pour faire ma déposition, ce que j’ai fait immédiatement après.

Le monsieur, propriétaire du véhicule dans lequel se trouvait également deux ou trois passagers (sa femme et ses enfants, vraisemblablement), recevra par la poste un constat d’infraction, une amende de 158$ et trois points d’inaptitude. S’il conteste, il se peut que j’aille en cour donner ma version des faits. Je pourrai imprimer ce billet dans quelques mois pour me rafraîchir la mémoire.

Quoi qu’il arrive, mon petit doigt me dit qu’il va soigner sa conduite, et les rues de Montréal s’en trouveront plus sécuritaires.


Une dose de changement

Je m’informe de l’actualité grâce à un agrégateur, et quand je tombe sur un article intéressant, je l’ajoute à mes signets delicious. D’ailleurs, je suis abonné aux signets d’autres personnes grâce au RSS.

Habituellement, je m’en tiens à un signet, mais ce billet de Stephen Rees, à propos d’un article dans The Montreal Gazette, m’a marqué avec ce passage:

The key to improving the transportation mess in this region is to get the transit mode share from around 11% where is has been for the last ten years up to 17 to 20%. And that means getting those willing to change out of their cars. NOTE not all of them. Just enough to double transit mode share. That means 80% are still going to be in cars. This is called realism – and it is only the first step. But we do have to finally make a serious effort to achieve that.


Préparatifs pour le party de lancement Ubuntu 8.04 à Montréal

Canonical sort une version de Ubuntu Linux à tous les 6 mois, et c’est demain que sortira la version 8.04 (avril 2008), surnommée Hardy Heron. Et comme en octobre dernier, une fête de lancement est organisée à Montréal, mais cette fois-ci on me dit que ça sera encore plus gros.

Je ne suis pas impliqué dans l’organisation, mais je suis en charge d’apporter l’usine à CD de Facil, avec laquelle je produirai des CD et DVD d’Ubuntu. Cette fois-ci, la présentation sera meilleure, car on aura le logo de Ubuntu sur le CD. Les CD et DVD seront vendus 2$, ce qui servira à payer l’usine à CD.

Voici un test d’impression que j’ai fait hier soir:

Ubuntu 8.04 présenté par Facil


Policiers dangereux à Montréal

Ma petite famille a participé ce dimanche à la manifestation contre le projet de transformer la rue Notre-Dame en autoroute en tranchée. J’ai trouvé la marche très agréable. J’y ai vu beaucoup d’enfants et de poussettes, ce qui montre bien que ceux qui élèvent des familles à Montréal sont sensibles à l’impact d’une autoroute sur la qualité de vie dans les quartiers.

L’après-midi s’est déroulé de façon sécuritaire, à l’exception du comportement de certains policiers. Pierre-Étienne Paradis m’a autorisé à reproduire l’intégral de son résumé sur mon blogue.

Le 13 avril dernier, environ cinq cents personnes ont manifesté dans les rues crevassées de l’est de Montréal pour dénoncer le projet de transformation de la rue Notre-Dame en autoroute.

L’ambiance était festive et familiale, jusqu’à ce que les marcheurs franchissent le pont menant au quartier Hochelaga-Maisonneuve. Les policiers du SPVM ont alors insisté pour que le groupe se concentre sur le côté droit de la rue, de manière à ce que la circulation automobile en direction ouest demeure possible – ce qui était complètement idiot vu la densité de la foule et l’étroitesse de la rue Sainte-Catherine, entre Préfontaine et Pie-IX.

Plutôt que changer leur plan de match, les policiers ont décidé de l’imposer cavalièrement, en faisant des allers-retours à grande vitesse et en actionnant leurs sirènes, à travers la foule qu’ils avaient pourtant le mandat de protéger! Tassez-vous de là et rentrez dans le rang!

Ce qui devait arriver arriva: de nombreux contacts – que les bureaucrates de la SAAQ appellent une « collision » – ont eu lieu entre les véhicules de police et les marcheurs se tenant du mauvais côté d’une ligne blanche inexistante. Les esprits se sont échauffés lorsqu’un manifestant a failli se faire écrabouiller le pied. Pendant les échanges verbaux très musclés qui ont suivi, les policiers et la policière n’ont eu d’autre justificatif que de blâmer les manifestants d’avoir choisi la rue Sainte-Catherine pour défiler! Heureusement, aucun manifestant n’a cédé à la provocation.

Par après, les manifestants ont dû affronter un autre genre d’agressivité: celle des automobilistes perdant patience dans les six voies de l’intersection Pie-IX, que les policiers avaient comme par hasard oublié de sécuriser.

Il ne fait nul doute que le 13 avril dernier, le droit de circuler en auto dans une portion somme toute insignifiante du quartier Hochelaga un dimanche après-midi a eu préséance sur le droit des citoyens d’exprimer publiquement et pacifiquement leurs opinions.

Cela dit, un tel niveau d’incompétence de la part du SPVM me laisse perplexe. Cette manifestation a été annoncée un mois à l’avance, alors comment expliquer un tel cafouillage? Gardant en tête les images d’agents provocateurs à Montebello, je me demande quelles étaient les « directives » venues d’en haut. À mon avis, l’administration du maire Tremblay et le gouvernement Charest aimeraient bien pouvoir discréditer la Coalition pour humaniser la rue Notre-Dame et le parti Projet Montréal, en associant leurs membres à des casseurs qui endommagent sans vergogne les voitures de police. Pour cela, il faut bien entendu créer au préalable un climat d’anxiété, qui convaincra les nombreux parents, enfants et aînés en présence de rester à la maison la prochaine fois.

De plus en plus nous voyons à Montréal une distinction entre les « bonnes » manifestations dans lesquelles les policiers du SPVM se promènent à vélo ou en voiturette électrique pour se donner une image environnementale, et les autres manifs dans lesquelles les droits les plus fondamentaux des citoyens sont bafoués. Dix jours à peine après la venue d’Al Gore, venu convaincre les riches et puissants de la nécessité de lutter contre les changements climatiques, force est de constater que la manifestation du 13 avril est tombée dans la deuxième catégorie.

Bref, il semble clair que l’autoroute Notre-Dame passera coûte que coûte (les estimations s’élèvent pour l’instant à 1 milliard $ – excluant les coûts sociaux engendrés par la diminution de la qualité de l’air). Quitte à revivre les années Jean Drapeau où la mafia du béton faisait la loi sur les chantiers.

Source (accessible aux membres de Facebook seulement)

Et si c’était ma poussette qui avait été happée par un policier? (commentaire de Marilaine Bolduc-Jacob sur leplateau.com)